La météo et ses idées reçues

 

Au travers des croyances populaires, la météo à sa part belle d'idées reçues en tous genres, souvent transmises au fil des décennies, des siècles et de génération en génération. Ces croyances se sont construites essentiellement, sur de nombreuses observations souvent très locales, de certains de nos ancêtres et par le biais de simples déductions, non dénuées d'une certaine réflexion et d'une recherche de logique, mais manquant la plupart du temps d'une grande prise de recul et de résultats réellement étudiés, vérifiés et objectifs.

Le but de cette section du site, n'étant pas de " taper gratuitement " sur toutes ses idées préconçues, mais d'essayer d'éclaircir au mieux et de faire le tri, par l'appui d'explications scientifiques validées, ou suffisamment développées pour apporter de vraies réponses à tous ces nombreux mystères et interrogations. Lesquels, gravitent autour de cette science relativement jeune, globalement mal connue et parfois même déformée par un langage journalistique souvent inadapté et sillonné de fréquentes désinformations.

Dans la météorologie, même si la fréquence et la précision des observations, les calculs et nos outils doivent encore progresser en vue d'une fiabilité des prévisions, plus accrue, une quantité non négligeable de phénomènes météo, peuvent maintenant s'expliquer au travers de schémas et de démonstrations basés sur des faits tangibles et vérifiés. Rien ne s'invente et beaucoup de choses, peuvent se démontrer, si, on fait chacun d'entre nous, l'effort d'écouter, de comprendre et de remettre en cause, certaines de ses propres convictions.

 

La lune et ses phases

 

Une croyance populaire, veut que chaque phase de lune, peut-être un indicateur sur un éventuel changement de temps à venir, ou peut favoriser, la continuité d'un type de temps déjà en place. Avant toute chose, il faut d'abord se poser la question suivante : à quoi est due cette observation de chaque phase de la lune ?! Ces phases lunaires, sont simplement étroitement liées à notre emplacement géographique à un instant " T ", quelque part sur le globe et à notre angle de vue, par rapport au positionnement de la lune, durant sa révolution autour de notre terre.

Partant de ce principe logique, ce n'est donc pas " la lune qui rentre dans une phase par le biais d'une quelconque modification physique ou autre ", mais uniquement, ce que nous observons de la lune au travers de nos yeux, de l'endroit où nous sommes positionnés sur la planète, à un instant précis. Si la lune et ses phases, avaient une influence sur la terre et notre climat, nous devrions alors " tous ", quelque soit notre situation géographique et sans exception, observer exactement la même phase, au même moment et subir, à très grande échelle, les mêmes variations de météo, aux mêmes périodes, peu importe le pays du monde. Ce qui est entre autre, totalement impossible.

Physiquement, on sait que la lune exerce une influence de part sa gravitation autour de la terre, nettement observable par les marées, mais il a bel et bien été démontré, qu'aucune modification du climat et donc de la météo, n'a pu être observé, durant sa rotation de 29.5 jours, autour de notre planète.

Explication et conclusion, du météorologue, Louis BODIN, sur ce sujet : ☞ Lien vers la vidéo

 

Les mini-tornades

Le terme " mini-tornade ", inventé dans les années 90 par un journaliste en manque d'inspiration, est systématiquement utilisé abusivement, principalement par les médias pour qualifier le moindre phénomène venteux violent (ayant généralement engendré des dégâts plus ou moins notables), qu'il soit lié ou pas, à un orage. Mais ce terme, dans le jargon météo, n'existe pas... un point c'est tout !. Sous orage, les phénomènes venteux les plus généralistes, sont " les rafales descendantes " -et- ou " front de rafales ", lesquelles sont plus ou moins localisées, étendues et parfois destructrices. Il y a aussi, les tornades et bien, qu'elles soient d'une bien moindre fréquence dans notre pays (bien que de récentes statistiques, montrent qu'elles sont néanmoins plus fréquentes qu'on ne le croit), que de l'autre côté de l'Atlantique, dans les grandes plaines américaines et le plus souvent, de faible intensité, il s'agit... toujours de tornades !.

Bien que ce terme puisse paraître au final familier et un peu " fourre-tout ", le problème réside sur le fait qu'il participe à la désinformation au niveau de la culture météo (et des risques liés), dans notre pays. En effet, entre " tornade " et " mini-tornade ", la différence peut-être importante, à l'oeil du lecteur et à l'oreille de l'auditeur, qui peut percevoir " le terme mini-tornade comme un phénomène venteux isolé, moins intense et moins dangereux que " tornade ". Il est donc clair et net, que ce terme est à bannir définitivement !.

 

Les systèmes de lutte contre la grêle

 

Depuis des siècles, l'homme tente de se protéger des ravages parfois causés par les chutes de grêle, sur les cultures, mais aussi les infrastructures. A l'époque où l'on pensait pouvoir percer les nuages par un simple tir de flèches, dans le but de les décharger de leur contenance en grêle, les méthodes de lutte ont, sensiblement évoluées jusqu'à nos jours. Entre tire de fusées, émission et dispersion de particules à partir du sol et " ondes de choc ", toutes ces méthodes et leurs systèmes liés, ont pour but d'essayer de faire diminuer la taille et la quantité des grêlons, générés par le roi des nuages, le cumulonimbus.

Bien que tous ces systèmes positionnés au sol, présentent dans la forme, une certaine logique au travers de leur fonctionnement, censé avoir un impact plus ou moins sensible sur les chutes de grêle, il y a d'un autre côté, beaucoup de contre-arguments, d'observations effectuées et de questions sans réponse concrètes, qui pèsent fortement dans le sens, d'une très probable inefficacité de ces procédés.

Avant toute chose, il faut déjà considérer d'après une moyenne statistique, qu'environ seulement à peine 10 à 20 % des nuages orageux, seront générateur de grêle (d'un diamètre supérieur au grésil) et environ à peine 5% d'entre eux, sont capables de provoquer d'intenses chutes de grêle, plus ou moins significatives et destructrices. Grosso-modo, environ 1 à 2 orages sur 10 donnent de la grêle qui peut avoir des conséquences sur les cultures et / ou infrastructures. Partant de ce constant, sur une dizaine d'orages, la mise en fonction de ces systèmes " anti-grêle ", sera totalement inutile quasiment les 3/4 du temps et de toute manière, dans tous les cas. L'utilisateur, ainsi rassuré de ne pas avoir eu de grêle au passage des orages, pensera tout simplement " que ça fonctionne ". Les 2 ou 3 cas où il y aura eu de la grêle sous orage, sera considéré comme " un raté ", " un coup de malchance " ou le simple fait " que ça a permis d'avoir des grêlons, de plus petites tailles ".

Le constant étant sans appel, car quoique l'on fasse et que l'on puisse tenter, il est totalement impossible de pouvoir influencer la genèse de la grêle, en gestation au sein d'un nuage orageux, lequel peut atteindre, jusqu'à plus de 10 km d'altitude à la vertical et plusieurs dizaines de kilomètres de large. Un cumulonimbus, pouvant délivrer en énergie totale, l'équivalent de plusieurs centrales nucléaires durant sa durée de vie et étant parfois animé par des courants ascendants et descendants, atteignant ou dépassant des vitesses, de plus de 15 à 20 m/s. Malgré les tentatives et les efforts fournis, à l'heure actuelle, nous ne disposons pas des moyens techniques et d'une technologie suffisamment développée et évoluée, pour " moduler à notre guise " ces phénomènes météo tant redoutés.

Un article intéressant, sur le débat de l'efficacité de ces système de lutte anti-grêle : ☞ Lien vers l'article

 

Les Chemtrails

Sujet à de très nombreuses théories du complot, les " chemtrails ", évoquent au travers des traînées blanchâtres apparaissant généralement à très haute altitude, à l'arrière de la plupart des avions de ligne, des épandages chimiques et donc très novices, visant à polluer massivement l'air et à provoquer à terme, diverses maladies plus ou moins graves principalement sur la population. Mais là réalité des faits et bien différente... et en s'intéressant un minimum à la formation des nuages, de ces traînées se formant à l'arrière des réacteurs des avions, tout en prenant un minimum le temps de lire certains articles scientifiques, on se rend très vite compte qu'il s'agit là d'une belle idée reçue, d'une légende " de haut vol ", farouchement défendus par un nombre important de personnes, qui restent complètement convaincu quels que soient les contre-arguments qui leur sont apportés, qu'un vaste complot est à l'ordre du jour entre plusieurs gouvernements mondiaux, dans un seul but de rendre malade, l'ensemble de l'humanité...

De part cette croyance, le moindre nuage ayant une structure ou des couleurs suspectes et sortant du naturel, de l'habitude, est très souvent lié à ces fameux épandages chimiques aériens, alors qu'il s'agit bien entendu, de structures nuageuses (et de couleurs associées), tout à fait naturelles et engendrées par la nature elle-même, qui selon les conditions météo et certains paramètres atmosphériques précis, favorisent certains types de formations nuageuses, parfois très impressionnantes, inquiétantes, avec des contrastes et des couleurs parfois très marqués. Il existe d'ailleurs tout une classification complète des nuages facilement trouvable sur internet (comme par exemple ici : Cliquez ici ), avec des photos associées et leurs conditions d'apparitions, existant depuis de longues décennies. Il n'y a donc ni mystères, ni complots ou tentatives de manipulations...

Un article assez pertinent, mettant en partie un terme à cette fameuse théorie du complot : ☞  Lien vers l'article

Les dictons

 

Les dictons ne sont pas nés d'hier et représentent là aussi, un grand nombre d'idées reçues et de croyances populaires, basés aussi de lointaines observations et déductions, issues de nos ancêtres, ayant comme origine " le Moyen-Âge ". La plupart de ces dictons, n'ont aucune valeur scientifique et ne sont donc pas utilisés ou intégrés, pour prévoir le temps au travers du travail de prévisionniste météo, que ce soit à court, moyen, long ou très long terme. Bien que certains d'entres eux, sembleraient être teintés d'une certaine forme de logique et " sonne bien ", en règle général, ils restent à placer dans le folklore populaire et ne sont pas, représentatifs et révélateur, d'une quelconque corrélation qui pourrait être faite, entre " l'observation ", " la déduction ", et le " résultat final ".

Nous sommes ainsi, là, assez proche de la " méthode coué " et surtout d'une limite certaine, rapidement atteinte, dans la fiabilité et l'objectivité qui en découlent. Par exemple, le dicton qui dit qu'un soleil " teinté de rouge au couchant ", augure du soleil pour le lendemain ou, un lever de soleil de même couleur, une journée pluvieuse, tient son explication, d'une couleur liée au spectre de lumière, qui, au travers d'un ciel par exemple voilé en altitude et / ou d'une atmosphère, contenant une certaine quantité de poussière et d'humidité, peut favoriser pendant un certain laps de temps, ce type de teinte, relativement vive, en ciel clair ou, en présence d'une masse nuageuse placée à une certaine altitude, plus ou moins épaisse et bien contrastée.

Tout comme, " Noël au balcon " = " Pâques au tison " ou encore, " le passage des grues à la fin de l'hiver annonce l'arrivée prochaine du printemps "; aucun d'entre eux ne permet avec certitudes, d'affirmer et d'être certain que ce sera forcément le cas. Plusieurs études, ont démontré, au travers de statistiques sérieuses, que le taux de réussite d'une grand partie de ces dictons, n'étaient pas représentatifs et plutôt bien inférieur par le résultat, à ce qui pourrait être suffisamment acceptable, pour en attester leur validité et leur bien-fondé. Cependant, ils font partie de notre décor et quelque part, malgré tout, ils raisonnent comme une douce mélodie lorsque nous les entendons, alors il n'y a pas de contre-indication à s'en servir, par habitude ou par plaisir, mais tout en gardant une certaine prise de recul et en tête, qu'ils ne permettent pas de prévoir la météo.

 

Florilège d'idées pré-conçues

 

Voici, pour terminer, un florilège d'idées pré-conçues, qui, non seulement n'ont aucune valeur scientifique et représente un grand nombre de " légendes urbaines ou de campagnes ", qui continuent de vivre au travers de croyances qui s'en tiennent justement et strictement, à ce niveau-là dans l'échelle de la crédibilité. Ceci étant une liste, bien entendu, non-exhaustive, de croyances totalement fausses :

 

⛔ Les éoliennes attirent les nuages, la pluie ou favorisent des turbulences capables de modifier localement la météo.

⛔ Les routes et autoroutes, attirent les précipitations ou peuvent, bloquer les perturbations, d'un côté ou de l'autre.

⛔ Les systèmes anti-grêle, séparent les nuages en deux parties, quel que soit le procécé utilisé.

⛔ Les rivières, bloquent ou déstructurent les perturbations, les averses ou, les orages.

⛔ Entendre le passage du train plus nettement qu'un autre jour, malgré la distance, est synonyme de l'arrivée de la pluie.

⛔ Les forêts, aspirent les pluies et assèchent donc, les masses nuageuses dans leur ensemble.

⛔ Les avions, principalement ceux de l'armée de l'air, par leur passage, crèvent ou séparent les nuages.

 

Si, vous avez quelques idées reçues à nous proposer, vous pouvez le faire, via notre :  Notre formulaire de contact

 

Rédigé par : Jérôme PETIT pour France Prévisions

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