Les cyclones et leurs secrets 

 

 

 

Ces phénomènes météorologiques dont on entend souvent parler peuvent créer d'importants dégâts matériels et humains, principalement à cause de leurs vents destructeurs, mais également à cause des précipitations diluviennes, de la houle ainsi que la marée de tempête associées.

Ce sont des dépressions qui se déplacent plutôt lentement (10 à 30 km/h en moyenne) et où la pression atmosphérique au centre est très basse (950-960 Hpa pour un cyclone d’intensité classique, jusqu’à 930-940 Hpa pour un cyclone de forte intensité, voire moins pour les plus puissants). Leur diamètre est variable, mais compris entre 500 et 1500 kms de diamètre, avec un œil au centre. L’extension verticale des nuages peut atteindre les 15 kms d’altitude et les vents près de l’œil atteignent en rafales 200-230 km/h pour un cyclone classique, 240-260 km/h pour un cyclone intense et parfois plus de 300 km/h pour un cyclone puissant.

 

Où et comment se forment-ils ? Quel est le cycle de vie d'un cyclone ?

Appelés aussi ouragans ou encore typhons selon la région du globe où ils se situent, les cyclones naissent globalement dans la zone intertropicale, comprise entre les latitudes 23° Nord et 23° Sud.

En effet, la chaleur et l'humidité que l'on retrouve au-dessus des océans dans cette zone constituent le carburant permettant au système de se développer. Il faut pour cela une eau à 26°C minimum et ce, sur une profondeur de 50 m environ.

 

Parmi les ingrédients nécessaires à la formation d'un cyclone, il faut également :

  • un profil atmosphérique instable avec une différence de température suffisante antre les basses couches et les couches moyennes de l'atmosphère afin de garantir une convection solide

  • une convergence des vents en basses couches qui va alimenter le système en renforçant la convection

  • un environnement peu cisaillé, c'est-à-dire où les vents varient très peu en vitesse et en direction lorsqu'on part du sol et que l'on s'élève au fur et à mesure vers les couches moyennes et hautes de l'atmosphère

  • une bonne divergence des vents en altitude, qui permet d'évacuer facilement l'air ascendant aspiré par le système et ainsi d'entretenir le fonctionnement autonome de ce dernier

  • une humidité de l'air suffisante sur tout le profil atmosphérique ; par exemple, un air trop sec dans les couches moyennes peut nuire à la convection en évaporant en partie les nuages issus de la condensation de la vapeur d'eau

  • que le système se situe à plus de 5° de latitude, afin que la force de Coriolis liée à la rotation de la Terre soit effective et que le système entre en rotation

 

Une fois tous ces ingrédients réunis, le cycle de vie du cyclone peut débuter :

Au départ, les premiers orages se développent de manière désorganisée, formant des amas convectifs plus ou moins compacts. Pendant ce temps, au sein de la zone convective, la pression atmosphérique au niveau de l’océan diminue progressivement.

La convergence des vents en basses couches et la divergence d’altitude alimentent la convection et renforcent cette dernière, contribuant ainsi à la diminution de la pression atmosphérique relevée à la surface de l’océan. Un minimum dépressionnaire finit par apparaitre plus franchement. On a alors affaire à une perturbation tropicale.

Grâce à la force de Coriolis, le système entre progressivement en rotation et continue à se creuser, devenant une véritable dépression tropicale. Au cours de l’intensification, des bandes convectives viennent s’enrouler autour du système, et un œil apparaît : le cyclone arrive à maturité.

Si toutes les conditions sont réunies de manière optimale, il peut encore évoluer vers un système plus puissant, avec l’apparition de cycles de remplacement du mur de l’œil successifs.La durée de vie d’un tel système dépend fortement de son environnement.

Tant que les conditions sont favorables, le cyclone peut se maintenir pendant plusieurs jours à un niveau d’intensité élevé. Mais il suffit d’un seul élément perturbateur parmi les ingrédients qui ont permis à sa formation pour que le cyclone s’affaiblisse et finisse par mourir.

Le premier facteur est bien sûr la température de l’eau, mais ce n’est pas le seul ; les cisaillements de vents sont souvent fatals car ils déstructurent complétement le cyclone, allant jusqu’à « couper » la connexion entre les nuages de basses couches et les nuages de moyenne et haute altitude.

Ces deux phénomènes se rencontrent le plus souvent lorsque le système prend une trajectoire qui s’éloigne des tropiques et arrive en contact des zones subtropicales ou tempérées.

L’assèchement de l’air à l’étage moyen est également un élément non négligeable, car la condensation et la libération de chaleur latente s’en trouvent affectés.

 

Sources : Météo-France

Rédigé par : Kévin PETIT pour France Prévisions

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